Adolescent, Frédéric Naud s’engage dans différents mouvements d’éducation populaire et s’y forge une sensibilité artistique et politique. En 1994 et 1995, après des études de philosophie, et alors qu’il fait son objection de conscience comme documentaliste en Nouvelle Calédonie, il est initié au conte par le conteur Canaque Saoulo Helloa. Il se passionne pour cet art ancestral qui, par des images simples, répond aux plus grands mystères.

De retour en métropole, il écrit ses premiers spectacles de conte, seul ou en duo avec Chloé Lacan, puis Jeanne Videau. En 2000, Henri Gougaud l’encourage à écrire ses propres histoires. Dès lors, il développe un univers dans lequel l’absurde, le merveilleux, la poésie et l’humour éclairent une réalité prosaïque (fermeture d’usines, handicap mental, internement psychiatrique…). Ainsi, il interroge son village de naissance dans « La Trilogie Théopolitaine » ; la bêtise et la sagesse humaines dans « l’Idiot Sublime » ; les normes mentales dans « La Tri-logique » (« Le Road-movie du Taureau bleu », « Je, Jackie » et « La méningite des poireaux »).

Pour écrire, il s’appuie sur le corpus des contes et des mythes du monde entier, sur ses souvenirs d’enfant et mène des travaux de collectage. Création après création, il questionne le rapport du conteur à la scène, avec ses collègues et ses pairs (Yannick Jaulin, Abbi Patrix, Pépito Matéo, Gigi Bigot…). Parallèlement à ses créations, il forme à l’art du conteur (La Maison du Conte de Chevilly-Larue, BDP Haute-Garonne…).
Avec Jeanne Videau, ils accompagnent plusieurs groupes de résident·e·s de foyers d’accueil ou de patient·e·s d’hôpitaux psychiatriques dans la création de spectacles.

Par ailleurs, il écrit et illustre plusieurs ouvrages : « Victor et les Horloges », Éd. Grain de sable, Nouméa, 1994 ; « Monsieur Charles a disparu », Éd. Fleurus presse, 1996 ; « Ainsi soit-il ! », Éd. CMDE, Toulouse, 2013 – « Jackie » et « La méningite des poireaux », Éd. d’Une, Paris 2018.