C’est à l’Ecole Nationale des Arts de Dakar que Delphine Noly se forme au jeu d’acteur, à la danse contemporaine et traditionnelle ainsi qu’aux percussions avant d’être initiée à la kora et au chant. Instrument magique, partenaire idéale pour la voix, la kora est l’instrument emblématique de la culture mandingue, Delphine la réinvente et l’épure en l’emmenant vers ses propres compositions.
A partir de 2003, Delphine participe au Labo de recherche de la Maison du Conte dirigée par Abbi Patrix et rejoint la Compagnie du Cercle. Elle rencontre Praline Gay-Para et collabore à des projets collectifs de collectage de récits notamment avec Pepito Mateo, et à des performances mêlant récit, mouvement et musique.
En 2006 la chorégraphe Pascale Houbin (compagnie Non de Nom) l’invite à participer au spectacle Faits et gestes pour un duo de récits chorégraphiés. Elle pose ensuite sa voix et sa kora dans le film La danse, l’art de la rencontre (Grand Prix Golden Prague 2007) diffusé sur Arte et réalisé par les chorégraphes Dominique Hervieu et José Montalvo.
Delphine rejoint la Cie la Tortue et, ensemble, elles créent des spectacles pluridisciplinaires à la frontière des arts de la parole et du théâtre, du récit et de la musique, de la voix parlée et de la voix chantée, qui interrogent et décalent la place du conteur. Ce sont de véritables performances où la question de la partition est essentielle. Parmi ces spectacles : le seule en scène Sage comme un orage (2009), DZAAA ! (2014) en duo avec la violoncelliste Rebecca Handley ou le seule en scène Louise (2017), réécriture par Karin Serres de sa pièce Louise / Les ours, où kora et composition électroacoustique se répondent : l’univers esthétique et scénographique de la compagnie s’affirme.
Avec Louise, Delphine collabore avec la metteuse en scène Anne Marcel. C’est une rencontre décisive pour la suite de son parcours artistique. Cette collaboration intuitive et sensible lui ouvre un véritable espace de liberté dans sa recherche artistique.
En 2020, la compagnie se lance dans l’aventure d’un triptyque intitulé Nos Palais Intimes consacré à l’enfance et la force de l’imaginaire, fondé sur l’esthétique du Palais Idéal du Facteur Cheval.
© Ernesto Timor