La Maison du Conte se trouve au cœur d’enjeux sociétaux d’envergure : relier à travers les récits les hommes, les cultures et les territoires et redonner tout son poids et sa valeur à la parole ; une préoccupation partagée avec les artistes « Maison » avec lesquels s’inventent des projets solidaires d’intérêt général ; des projets qui s’adressent à tous les publics, des tout-petits aux adolescents, mais également aux adultes, qu’ils soient amateurs néophytes ou confirmés.

EN 20/21 : MANGEZ-MOI, HISTOIRES EN CUISINE
AVEC LES PARTENAIRES CULTURELS ET SOCIO-CULTURELS DE CHEVILLY-LARUE ET LEURS HABITANT·E·S

Qu’est-ce que la cuisine raconte de nous et de notre époque ?
Cinq artistes arpentent les rues chevillaises et les lieux qui les font vivre, pour raconter et écouter les récits de cuisine qui circulent sous le manteau. À leurs côtés, les habitant·e·s de la ville deviennent aussi producteurs d’histoires, semeurs de mots, de recettes et de graines…
Un repas à déguster lors du Festival du Grand Dire #2.

Avec Rachid Bouali, Clara Guenoun, Nathalie Loizeau, Cécile Morelle et Forbon N’Zakimuena.

En 19-20-21 : Des glaneuses et des glaneurs
Avec l’Hôpital de jour Paul Guiraud – Villejuif

À l’image du travail mené par Agnès Varda, de jeunes adultes en situation de fragilité, sont invités à glaner la poésie du réel.
À travers de courts plans-séquences saisis avec un simple téléphone portable, chaque glaneur·se part en quête d’un évènement incongru, d’un moment rare ou d’un simple petit rien qui résonne pour chacun·e, qui le ou la touche, l’amuse, l’interroge. Dans le cadre d’ateliers d’écriture orale, les glaneuses et glaneurs déposent ensuite de la parole sur ces images collectées.
L’ensemble de ce projet est accompagné par Fred Pougeard, conteur, et Fanny Courcelle, documentariste et transmetteuse d’éducation aux images.

Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et l’ARS dans le cadre du projet “Culture à l’hôpital”.

En 20/21 : JOUER À CONTER
AVEC LA MAISON D’ARRÊT DE FRESNES

Deux, c’est le nom d’un spectacle sur les relations amoureuses proposé aux détenus, hommes et femmes, au sein de la Maison d’arrêt de Fresnes. L’histoire se prolonge par des ateliers de pratique autour de récits intimes ou traditionnels.
Un projet porté par Anne-Lise Vouaux-Massel et Barbara Glet, conteuses.

En partenariat avec le SPIP – Maison d’arrêt de Fresnes – et la DRAC Culture et Justice.

Ça s’est passé

En 2018/19 : ITEP le Côteau – Vitry-sur Seine

Histoires en partage : traversées de l’imaginaire, de l’oral à l’écrit
Projet mené par les conteuses Delphine Noly et Florence Desnouveaux.

Avec le soutien de la DRAC-Ile-de-France et l’ARS.

De 2003 à 2013 : Maison d’arrêt – Fresnes

La Maison du Conte s’est associée à la Maison d’arrêt de Fresnes pour concevoir et mettre en œuvre des projets autour du conte et de l’oralité destinés aux détenus hommes et femmes. Basés sur des rencontres, des ateliers et des racontées, les interventions ont été portées par différents conteurs et conteuses tels que Pépito Matéo, Jacques Combe, Marien Tillet, Christèle Pimenta, Julien Tauber, Valérie Briffod… ; chacun·e y puisant une énergie et un élan bien particulier pour construire son parcours et se remettre en question face à l’autre.

Le 20 mai 2010, Jacques Combe revenait à la Maison d’arrêt pour présenter Vétéran(s) aux détenus du Centre National d’Évaluation, lieu de passage obligé des “longues peines” en France. Pendant un an, le conteur a présenté son spectacle aux différents groupes de détenus, puis animé une série d’ateliers pour rencontrer, échanger, croiser les paroles et les regards.

 “Quel est ce grain de sable qui a fait un jour pencher la balance de la justice, et qui fait qu’aujourd’hui ils sont “dedans” et nous “dehors” ? Finalement c’est souvent l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette qui nous sépare, eux et nous…
À chaque fois, raconter en prison c’est comme une “échappée belle” que nous faisons ensemble eux et moi. Et on ne peut rester indemne de cet échange-là… ni eux, ni moi.
Ces moments-là sont pour eux comme “des fenêtres aux barreaux”, une fenêtre ouverte sur un espace imaginaire qui nous est commun. Voilà notre vraie richesse à tous, celle qui nous relie les uns aux autres !
Cela rend possible, à l’intérieur même de la prison, d’oublier avec eux les murs qui nous entourent, pendant le temps que dure l’atelier conte.
Ces rencontres sont pétries de leur humour, d’un certain recul sur la vie carcérale et de la vie tout court. Elles sont remplies aussi de leur pudeur ainsi que de leur tendresse qui souvent viennent montrer le bout de leur nez. En retour, j’y mets toute ma bienveillance, mon écoute, mes histoires et mon amour du genre humain. Je tente à chaque fois d’offrir ce qui constitue le meilleur de moi-même.
Eux aussi, certainement. Car sans oublier tout à fait les raisons probables qui les ont amenés à écoper de longues peines (15 ans au moins), j’ai toujours en face de moi des hommes qui m’offrent la meilleure part d’eux-mêmes.
Des instants d’humanité, comme des respirations au milieu d’un monde clos.”

Jacques Combe