Le corps et la voix sont ses matières de prédilection. Née en Normandie, ses souvenirs d’enfance sont une farandole de sensations : les pieds nus sur les chemins de terre gras et pierreux, sur le bitume chaud, dans les herbes hautes ou dans l’eau trouble de la petite rivière qui coule en bas de la ferme où elle grandit.

À Paris, elle étudie la psychomotricité, la pédagogie, la danse contemporaine, la langue russe, la danse kathak et s’initie au butô. Elle joue des pièces/performances alliant danse et littérature (J. d’Arras, Euripide, A. Artaud, H. Michaux) et chante à tue-tête.

Et voilà que lors d’un voyage en Russie, elle succombe à la clarté de la lumière hivernale, la gracile présence des forêts de bouleaux, les images enivrantes de Tarkovski, la beauté chantante et charnelle de la poésie russe et l’enchantement des contes populaires.

A son retour, elle construit une écriture personnelle autour d’une figure féminine fictionnelle (Rose Verdière) mais un désir de raconter de vieilles histoires venues du fond des âges s’impose, irrésistible. Commence alors un nouveau chemin de formations et de construction de répertoire jusqu’à ces dernières années consacrées à la mise en musique avec Gérard Daubanes du poème de Marina Tsvetaeva Le gars inspiré du conte d’Afanassiev Le vampire.

* Sylvie Le Secq

Crédit photo : Gérard Daubanes ©copyright